Il n’est pas toujours aisé de passer des affaires à la politique en Afrique, où les régimes ont le monopole sur tous les secteurs d’activité. Mais au Mali, un entrepreneur a fait le pari de briguer la prochaine présidentielle : Aliou Boubacar Diallo. Après un premier test réussi en 2018, où, pour une première candidature, il s’impose sur le podium face à des mastodontes, l’entrepreneur malien compte bien revenir à la charge en 2022. Le PDG d’Hydroma souhaite faire de son pays la locomotive économique du continent.

C’est un secret de polichinelle. En Afrique, les affaires et la politique n’ont jamais fait bon ménage. Les pouvoirs en place étant toujours prêts à broyer tout entrepreneur qui se met en travers de leur chemin grâce à moult artifices : redressement fiscal, saisie de biens, fausses accusations, etc. Dans ce contexte, les hommes d’affaires évitent généralement d’entrer dans l’arène politique. Mais quelques-uns s’entêtent tout de même à y aller au nom, disent-ils, de leur conviction. Aliou Boubacar Diallo se revendique de cette catégorie de business men.

Aliou Diallo plus que jamais déterminé

Le PDG de Hydroma (une compagnie d’exploration d’hydrogène naturel) a créé son parti ADP-Maliba en 2012 pour participer pleinement au développement de son pays. Malheureusement, cette ambition légitime lui a attiré des ennuis sous l’ex régime d’Ibrahim Boubacar Keita. Quelques investisseurs étrangers, dirigés par un proche de Karim Keita, fils de l’ancien président, auraient mis en place un plan machiavélique pour le déposséder de ses actions dans une société minière malienne. « Les uns animés de volonté de prédation pour me voler la mine et les autres d’une volonté de freiner mon ascension politique en essayant de me barrer la route », confie le milliardaire malien. « Rien de tout cela ne m’a découragé dans mon combat politique pour le Mali et mon engagement pour faire du Mali un grand producteur d’hydrogène est resté intact », précise Aliou Diallo.

Se montrer solidaire face aux prédateurs au Mali

Aujourd’hui, sa compagnie Hydroma est pionnière de l’hydrogène naturel dans le monde grâce à son exploitation de Bourakébougou. Toutefois, l’homme d’affaires appelle à la vigilance contre tous ceux qui veulent nuire à ses projets et ambitions. « Ne nous trompons pas ! Encourageons, promouvons et protégeons nos capitaines de l’Industrie ! La prédation qui les guette doit être solidairement combattue par tous les maliens », interpelle-t-il. Cet appel au patriotisme ne signifie pas qu’il est contre la présence étrangère au Mali. « Les sociétés étrangères qui investissent normalement au Mali et qui contribuent à l’augmentation de notre Produit Intérieur Brut sont les bienvenues. Elles méritent, aussi bien que les courageux maliens présents dans ce secteur, le soutien et l’accompagnement de l’Etat et du peuple maliens », nuance le leader d’ADP-Maliba.

Aliou Diallo le philanthrope

En outre, Aliou Diallo estime que l’Etat doit mettre en place une batterie de mesures afin d’encourager et protéger les investisseurs privés nationaux. Par ailleurs, il souhaite mettre fin à l’immigration clandestine des jeunes de son pays vers l’Europe. Mais, pour cela, il faut ramener la sécurité au Mali, ainsi que la paix. Pour joindre l’acte à la parole, à travers sa Fondation Maliba, Aliou Diallo continue d’œuvrer au bonheur des communautés rurales à travers la réhabilitation d’écoles, le pavage des rues, la fourniture gratuite d’électricité et la formation de femmes à l’entrepreneuriat, entre autres actions.